Un exemple parmi d'autres : la loi Sarkozy sur la délinquance, présentée comme destinée à empêcher le "happy slapping" (c'est bon ça coco, un terme angliche ça fait jeune, blog, funky), pratique anecdotique mais tellement pratique pour pouvoir balancer quelques scoops sensationnalistes, façon de présenter la loi qui masque la forêt d'un texte interdisant en pratique de filmer et reproduire... les violences policières, par exemple. Tiens tiens.

Dans le même genre, une fausse agression, ou des guet-apens fantasmés peuvent entraîner une surenchère de déclarations outrées (jusqu'à promettre les assises pour tout agresseur de policier !!) et de promesses de frapper sans cesse plus fort contre les "barbares des cités", sans qu'aucune excuse ne vienne accompagner les rectifications ultérieures. Non, il n'y a pas eu de guet-apens aux Tarterêts, mais peu importe, Sarkozy ne reviendra pas sur ses envolées vindicatives.

Et les compte-rendus sur les manifs anti-sarkozy qui "dégénèrent", font bien souvent semblant de ne pas savoir combien importante est la part de manipulation policière et de provocations qui accompagnent généralement ce genre d'événements. Comment expliquer que plus du tiers des manifestants anti-sarkozy parisiens du 09 mai soient arrêtés (plus d'une centaine de personnes), tandis que quelques centaines de fascistes ont pu parcourir le VI arrondissement « cagoulés et masqués », faisant le salut nazi et encadrés par un service d’ordre portant des battes de base-ball, sans être seulement inquiétés par les forces de l’ordre ?? imagine-t-on une telle manif avec des jeunes racaillous à la place des têtes d'os identitaires ? quelle aurait alors été la réaction de la police et des journaux ? la réponse est assez évidente...

Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu de violences de la part des manifestants, au lendemain du second tour, ou la semaine qui a suivi. Elles étaient même prévisibles. Mais il faut être aveugle pour ne pas voir à quel point cette rage répond à une autre violence, bien réelle, institutionnelle - et même, tiens, démocratique - qui démolit le code du travail, expulse violemment, utilisant les enfants pour attraper les parents, pèse de tout son poids sur la majeure partie de la presse, essore les citoyens jusqu'à n'en laisser que de braves cerveaux disponibles... La Staracadémocratie est en marche. Ah j'ai hâte qu'on puisse voter par SMS, tiens.